À propos de démocratie directe. Lettre à l’Association des Habitants de LLN
Un des membres de l’AH a envoyé un courrier au Conseil d’Administration le 18
octobre 2017. Il ne s’agit pas de peser sur "le Oui ou le Non" à l’extension de L’esplanade
de Louvain-la-Neuve mais de voir comment les responsables de l’asbl
communiquent l’ensemble des idées sur la ville.
Aux Membres du CA de l’AHLLN
Mesdames, Messieurs,
Je viens d’effectuer le virement de renouvellement de mon
adhésion à l’association des habitants. Je tiens toutefois à vous signaler que
ce pourrait être la dernière fois.
En effet, l’analyse que je fais du comportement de
l’association dans l’affaire de l’Esplanade me pose problème. Je n’entre pas ici
dans le débat de savoir s’il importait ou non de permettre cette extension. La
question qui m’interpelle est à mes yeux beaucoup plus importante et concerne
la conception de la démocratie à laquelle semble se référer certains
responsables de l’association.
Pour ce que j’ai pu constater en effet c’est, dès les
prémices de l’opposition sans nuance à cette extension, et toute légale et
réglementaire qu’elle ait pu être, que la démarche s’est faite procédurière et
manipulatrice de l’opinion.
Je ne prendrai pour exemple que l’adhésion de l’association à
la coordination qui s’est déclarée opposée à l’extension. J’imagine que la
décision en a été prise dans le respect des statuts de l’AHlln, mais elle
impliquait de facto que tout membre de l’association était censé opposé à
l’extension et d’accord, par exemple, avec la pétition qui m’a été présentée un
jour sur le marché, me demandant de signer pour que le marché puisse subsister,
alors qu’il s’agissait de recueillir des signatures pour demander le référendum
communal.
À mes yeux, c’est à l’idée-même de démocratie directe qu’il a
été porté atteinte en ne promouvant pas un débat objectif des avantages et des
inconvénients d’une telle extension, et en en réduisant l’expression à un «
oui » ou à un « non ».
Qu’on ne me dise pas qu’il y a eu des assemblées
d’information et qu’il suffisait d’y participer. Un questionnaire adressé à
tous les destinataires des news de l’association n’était-elle pas imaginable
avant de se lancer dans la prise de position exprimée sans nuance dans le n°
147 de AH info de décembre 2015 alors que, dans le n° 145 de juin de la même
année, dans un article qui posait des questions légitimes, des propositions de
prise en compte par le promoteur d’aménagements de son projet dénotaient un tout
autre état d’esprit ?
Qui a pris alors les rênes du pouvoir au sein de
l’association pour que plus rien n’ait été dit à propos de ces propositions
souhaitées être posées au promoteur à peine six mois plus tôt ?
L’association a-t-elle été aussi regardante à propos d’autres
réalisations en cours en d’autres lieux de l’entité ?
Ces quelques mots ne demandent pas de réponse, mais ils sont
porteurs d’une mise en garde : payant ma cotisation à l’AHlln, à qui je
reconnais par ailleurs d’énormes qualités, je n’accepterai plus d’être
considéré de ce seul fait comme partie prenante de points de vue dictés par la
conviction de quelques-uns, seraient-ils même de mon avis.
Comme tous les textes
publiés sur ces blogs, celui-ci attend les réactions et commentaires.
1. L'AH a organisé un débat contradictoire en mai 2016, au Placet.
RépondreSupprimer2.Il est impossible de signer un document demandant une consultation sans se rendre compte que ce document porte bien sur une demande de consultation.
3. La participation a été forte (40% sur LLN) et 80% de non. Croire que l'AH serait la seule responsable de ces résultats est lui faire beaucoup d'honneurs.
4. La seule attitude manipulatoire de l'AH à propos de l'Esplanade date de la fin des années '90 quand le comité de l'époque a amené l'AH à ne pas s'opposer à Wilhem & Co. Le comité d'aujourd'hui n'a fait qu'épouser une lame de fond qui demande poliment voire avec humour (encore longtemps ?) un modèle de développement plus respectueux des intérêts des générations futures.
"2.Il est impossible de signer un document demandant une consultation sans se rendre compte que ce document porte bien sur une demande de consultation." On sait comment ça marche, les pétitions, sur les marchés, au porte-à-porte à la nuit tombante... La personne qui a essayé de me faire signer la pétition pour une demande de consultation m'a dit "C'est une pétition contre l'extension de l'Esplanade".
RépondreSupprimerUn couteau entre les dents ?
RépondreSupprimerVoilà une démarche honnête : c'est parce que cette personne est opposée à ce projet qu'elle propose un outil démocratique qu'est la consultation. Pour ce faire, elle tend un document où seuls 5 personnes peuvent signer à la fois et où il est clairement et en grand qu'il s'agit d'une consultation. Ce faisant, ce "militant" se coupe de tous ceux qui POUR l'extension ne l'aideront pas à obtenir le nombre de signatures nécessaires. Con oui, malhonnête non. Cela étant, croire que 3500 personnes ont été abusées à la nuit tombante me paraît un peu forcé...
Ma recherche fondamentale porte sur la "démocratie associative", celle qui doit être active à l'intérieur des associations pour que les idées de tous et de chacun-chacune puissent être intégrées. Et pas seulement celles de militants, de beaux parleurs, d'amis de journalistes, ... Démocratie associative, directe, partagée, populaire, citoyenne.... Des concepts à débrouiller.
RépondreSupprimerhttps://www.cairn.info/manuel-de-direction-en-action-sociale-et-medico--9782100554386-page-271.htm
RépondreSupprimerJe n'ai pas encore accès à l'article que tu cites, Paul. Je vais essayer de le lire à la bibliothèque.
RépondreSupprimerDonc tu es militant depuis très longtemps et tu as beaucoup de relations avec des journalistes. Ou te porte ta racherche fondamentale, en pratique? Comment doivent fonctionner les associations pour meux intégrer les idées de la minorité? J'ai fait des propositions, j'en ai appuyé d'autre, sans succès jusqu'à présent.